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Comment se tenir debout correctement – Conseils médicaux, sportifs et ergonomiques

Comment se tenir debout correctement – Conseils médicaux, sportifs et ergonomiques

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4 personnes sur 5 souffriront de douleurs lombaires au cours de leur vie. Comment se tenir debout correctement pour prévenir le mal de dos ? Cet article explore les conseils d’ergonomes et de médecins sur la bonne posture debout, ainsi que les recommandations sportives de danseurs et coachs pour améliorer sa posture. Vous découvrirez les bienfaits d’alterner position assise et debout, l’importance du renforcement musculaire (abdominaux, dos), et les équipements ergonomiques (bureaux assis debout réglables en hauteur, chaises et tabourets dynamiques, supports pour double écran…) permettant de travailler debout dans de bonnes conditions.

Sommaire

    Pourquoi est-il important de bien se tenir debout ?

    Les mauvaises postures et la sédentarité ont un impact direct sur notre santé. Rester assis trop longtemps, notamment au travail, peut entraîner de nombreux problèmes : mauvaise circulation sanguine, raideurs, douleurs lombaires, tension dans la nuque et les épaules. Plusieurs études ont montré qu’une position assise prolongée augmente la pression exercée sur les disques de la colonne vertébrale. Par exemple, la pression sur les disques intervertébraux serait 40 % plus élevée en position assise que debout. Cette surcharge contribue aux douleurs du dos en comprimant les structures de la colonne. Pas étonnant que le mal de dos soit si répandu : 4 personnes sur 5 souffriront de lombalgie au cours de leur vie.

    En revanche, se tenir debout fait travailler davantage de muscles (fessiers, lombaires, abdominaux, muscles des jambes et du dos) et libère le corps de certaines contraintes de la position assise. Travailler debout apporte une plus grande liberté de mouvement, améliore la circulation sanguine et peut même augmenter légèrement le niveau d’énergie et de concentration. D’après l’expert Philippe Zawieja, "paradoxalement, le fait de travailler debout nous rend potentiellement plus productifs", car la légère tension physique en station debout accroît la vigilance. On constate aussi qu’en position debout, on évite la flexion excessive du tronc et on sollicite moins les disques lombaires qu’en position assise statique. Alterner entre posture assise et posture debout permet ainsi de diminuer les effets néfastes de la sédentarité sur la santé (prise de poids, risques cardiovasculaires, diabète, etc.).

    Cependant, rester debout toute la journée n’est pas anodin. Une station debout prolongée et immobile peut engendrer fatigue musculaire dans les jambes, les pieds et le bas du dos. Naturellement, après un certain temps, nous avons tendance à déporter notre poids sur une jambe ou à nous affaisser, ce qui déséquilibre la posture et peut causer des tensions musculaires ou des contractures. Il n’est pas rare d’avoir mal au dos debout lorsqu’on adopte une mauvaise posture ou qu’on reste figé trop longtemps. Pour éviter ces désagréments, il est crucial de bouger régulièrement et d’adopter la bonne position debout. Avant de voir comment bien se tenir, n’oublions pas quelques astuces de base : portez des chaussures confortables si vous travaillez debout, utilisez un tapis anti-fatigue pour amortir la pression sous vos pieds, et pensez à faire des pauses (marcher quelques minutes ou s’asseoir) afin de soulager vos muscles. L’objectif est de profiter des bienfaits de la position debout tout en évitant d’autres problèmes liés à l’immobilité. D’ailleurs, si votre travail exige d’être souvent debout (vendeurs, agents d’accueil, enseignants, etc.), ces pauses et ajustements sont indispensables pour prévenir le "coup de barre" et les douleurs lombaires en fin de journée.

    Enfin, un mot sur la dépense calorique : il est parfois avancé que "rester debout toute la journée fait maigrir". En réalité, la différence calorique entre la position debout et assise est modeste. Des chercheurs ont calculé qu’être debout brûle environ 0,15 calorie de plus par minute comparé à être assis. Sur une journée de travail de 6 heures, cela représente seulement ~50 calories supplémentaires (l’équivalent d’une petite orange). Il ne faut donc pas compter sur la position debout seule pour perdre du poids de manière significative. Les vrais bénéfices de la station debout sont ailleurs : meilleure posture, activation musculaire, énergie accrue, et potentiellement une réduction du risque de maladies (cardiaques, AVC, diabète) comparé à la sédentarité absolue.

    La posture debout idéale : comment se tenir droit correctement

    Passons au cœur du sujet : comment se mettre debout correctement afin de préserver son dos et ses articulations. Contrairement aux idées reçues, avoir une bonne posture debout ne signifie pas se tenir raide comme un piquet. Il s’agit plutôt d’aligner correctement les différentes parties du corps, tout en gardant une certaine souplesse et en évitant les postures crispées. Les spécialistes de l’ergonomie et de la colonne vertébrale décrivent généralement la posture debout idéale ainsi :

      • Pieds : écartés à la largeur des épaules, bien à plat et parallèles. Cette base stable permet de bien répartir le poids du corps sur chaque pied, sans appui excessif d’un seul côté. Évitez de rester longtemps avec tout le poids sur une jambe (position "appuyée"), car cela crée un déséquilibre et des tensions dans le bassin et la colonne.
      • Genoux : déverrouillés (légèrement fléchis, pas complètement verrouillés en arrière). Des genoux "bloqués" coupent la circulation et accentuent la cambrure lombaire. Gardez-les souples, alignés verticalement avec vos hanches et chevilles.
      • Bassin et bas du dos : en position neutre. Contractez légèrement les abdominaux pour éviter que le ventre ne parte vers l’avant et que le bas du dos ne se creuse exagérément. Imaginez que votre coccyx pointe vers le sol, ni trop sorti en arrière ni rentré vers l’avant. Cette rétroversion légère du bassin aide à garder la courbure naturelle de la colonne lombaire sans hyperlordose.
      • Dos et épaules : le dos est droit mais pas totalement rigide. La colonne vertébrale vue de côté doit conserver ses courbures naturelles en "S". Tenez-vous droit en engageant les muscles du dos, tout en gardant les épaules détendues, basses et légèrement tirées vers l’arrière. Cette ouverture de la poitrine permet une meilleure respiration et réduit les tensions dans le haut du dos. Évitez de vous voûter (épaules en avant) ou au contraire de trop bomber le torse. Vos omoplates doivent être légèrement rapprochées en arrière et en bas, comme si vous vouliez tenir un petit objet entre elles, sans forcer.
      • Tête et cou : la tête doit être dans le prolongement de la colonne. Rentrez légèrement le menton (sans baisser la tête) pour que vos oreilles se trouvent alignées au-dessus des épaules. Le menton à l’horizontale, regardez droit devant vous. Un bon repère est d’avoir le cou allongé (imaginez une ficelle qui vous tire vers le haut du crâne) tout en gardant le menton parallèle au sol. Les danseurs parlent de "port de tête altier", c’est-à-dire la tête fièrement dressée mais sans tension : cela se traduit par un cou étiré et des épaules relâchées en arrière. Cette position de la tête et du cou évite les douleurs cervicales et favorise une meilleure oxygénation (car les voies respiratoires sont dégagées).
      • Bras : laissez-les tomber naturellement de chaque côté du corps. Si vous travaillez debout à un bureau, vos avant-bras doivent idéalement pouvoir reposer sur le plan de travail, coudes à ~90° près du corps. En position debout statique (sans bureau), vous pouvez garder les bras détendus, éventuellement une main dans la poche ou les mains jointes devant vous pour plus de naturel, tant que cela ne vous fait pas vous affaisser.

    En résumé, une bonne posture debout consiste à avoir le corps aligné de la tête aux pieds, avec les articulations déverrouillées et une répartition équilibrée du poids. Vue de profil, une ligne verticale imaginaire devrait pouvoir passer par votre oreille, votre épaule, votre hanche, votre genou et votre cheville. Cette posture alignée minimise les contraintes sur les articulations et les disques, et sollicite les muscles posturaux de manière équilibrée.

    Un autre aspect souvent négligé de la posture est le mouvement. "La meilleure posture, c’est la suivante", disent fréquemment les ergonomes. Rester figé, même dans la plus belle posture, finit par fatiguer le corps. Les experts encouragent donc un léger dynamisme : balancez-vous subtilement d’un pied sur l’autre de temps en temps, fléchissez les genoux, faites quelques pas si possible. D’après le Dr Drew Schwartz, chiropracteur, les meilleurs conseils en matière de posture "encouragent le mouvement et la fluidité autant que possible" plutôt qu’un positionnement statique rigide. N’hésitez pas à changer de position régulièrement, à vous étirer, et si vous devez rester longtemps debout sur place, alternez les appuis (par exemple, poser un pied sur un petit repose-pied puis l’autre, tour à tour, pour soulager le bas du dos). Ces micro-mouvements améliorent la circulation, entretiennent la souplesse et préviennent les raideurs dues à l’immobilité.

    Sports et exercices pour améliorer sa posture

    Pour tenir facilement une bonne posture debout, rien de tel que de renforcer son corps et d’adopter de bonnes habitudes posturales grâce à certaines disciplines sportives. De nombreux sports et exercices peuvent vous aider à gagner en maintien, en équilibre et en tonus musculaire profond, ce qui se traduira par une posture plus droite au quotidien.

    La danse et les disciplines artistiques

    Les danseurs sont reconnus pour leur port de tête élégant et leur posture irréprochable. Ce n’est pas un hasard : dès les premiers cours, les professeurs de danse (notamment en ballet classique) insistent énormément sur la posture idéale, parfois de manière très stricte. Avant même d’apprendre les mouvements, on apprend à "se tenir" correctement. Dans la danse classique, mais aussi en gymnastique rythmique, en natation synchronisée ou en plongeon artistique, le positionnement de chaque membre et l’alignement du corps sont fondamentaux pour l’esthétique et la performance. À force d’entraînement, les danseurs développent un équilibre musculaire et une conscience posturale exceptionnelle.

    Les danseuses et danseurs travaillent quotidiennement leurs muscles profonds (abdominaux, muscles du dos, plancher pelvien) pour maintenir une posture gracieuse même en mouvement. Cette exigence posturale de tous les instants fait qu’après leur carrière, ils conservent souvent naturellement un bon maintien, ce qui les aide à vieillir avec moins de douleurs. On peut s’inspirer de leurs méthodes pour améliorer sa propre posture. Par exemple, Ibrahim Diakite, danseur et coach sportif, rappelle que pour un équilibre corporel sain, il faut une ceinture abdominale et un plancher pelvien suffisamment renforcés, "les séries de renforcement sont donc plus que bienvenues", indique-t-il. En clair, travailler ses abdominaux est crucial pour un bon maintien debout, car un tronc gainé soutient la colonne vertébrale.

    Les danseurs pratiquent aussi de nombreux exercices d’équilibre et d’assouplissement. Un mouvement simple hérité de la danse classique est le relevé : se hisser sur la pointe ou demi-pointe des pieds, puis redescendre. Cet exercice renforce les mollets, les chevilles et améliore l’équilibre. "Il est parfait pour gagner en stabilité et en légèreté", indique un danseur professionnel à propos des relevés. Vous pouvez l’essayer chez vous en vous tenant à une chaise pour garder l’équilibre au début. De même, des exercices de placement du corps statique, comme se tenir debout contre un mur en alignant tête, épaules, fesses et talons, aident à faire prendre conscience de la posture correcte (tête haute, menton parallèle au sol, épaules basses, bassin neutre…). Enfin, n’oubliez pas les étirements quotidiens : les danseurs s’assouplissent chaque jour pour conserver la mobilité de leur colonne et de leurs muscles. Quelques minutes d’étirements des pectoraux, des ischio-jambiers, des mollets et du dos peuvent grandement aider à améliorer votre posture en libérant les tensions musculaires qui vous font vous voûter.

    Yoga, Pilates et renforcement musculaire

    En dehors de la danse, des disciplines comme le Yoga ou le Pilates sont particulièrement recommandées pour qui veut améliorer sa posture. Le yoga, notamment dans ses variantes axées sur l’alignement (comme le yoga Iyengar), apprend à prendre conscience de la position de chaque partie du corps. Il aide à corriger les déséquilibres posturaux grâce à des postures ciblant la colonne vertébrale et l’ouverture des épaules. Par exemple, les postures debout en yoga renforcent les muscles profonds de maintien, tandis que les postures de torsion améliorent la souplesse de la colonne. Au fil des séances, on observe une meilleure stabilité et un meilleur équilibre postural, ainsi qu’une réduction des tensions dans le bas du dos. Le Pilates, de son côté, se concentre sur le core (centre du corps) et les muscles stabilisateurs. C’est un excellent complément pour gainer la sangle abdominale, renforcer les muscles paravertébraux et ainsi soutenir la colonne. Beaucoup d’exercices de Pilates visent à redresser la posture en renforçant les épaules et le dos (par exemple, l’exercice du "swimmer" ou du "hundred" en Pilates). En améliorant la tonicité du buste et du dos, on maintient plus facilement un dos droit au quotidien.

    Les sports aquatiques comme la natation peuvent également aider, en particulier le dos crawlé qui muscle le dos de façon symétrique et encourage à ouvrir la cage thoracique. La musculation fonctionnelle (avec poids légers ou élastiques) peut cibler les muscles posturaux : travailler les trapèzes inférieurs, les rhomboïdes (entre les omoplates), les extenseurs du dos et les abdos profonds est bénéfique pour tenir debout sans fatigue. Attention toutefois à ne pas négliger les jambes : des cuisses et des mollets forts aident aussi à soulager le dos en position debout prolongée. Des exercices comme le gainage, la chaise contre le mur, ou les squats (en veillant à la posture durant l’exercice) renforcent toute la chaîne postérieure.

    Entraînement et posture vont de pair. En renforçant votre corps et en gagnant en souplesse, vous aurez spontanément une posture plus droite et plus confortable. Une étude citée par France Mutuelle note que 75 % des pratiquants réguliers de yoga constatent une amélioration de leur mobilité (et donc de leur posture) en quelques mois. Par ailleurs, rester actif de manière générale est bénéfique : marcher, faire du vélo, du tai-chi… tout mouvement qui engage le dos dans différentes positions contribue à prévenir les douleurs liées aux postures figées. Le maître-mot est la régularité : quelques minutes d’exercices posturaux chaque jour offrent de meilleurs résultats que de gros efforts ponctuels.

    Équipements ergonomiques pour une station debout optimale

    Outre l’aspect physique, une bonne posture debout passe aussi par l’aménagement de son environnement de travail ou de vie. Il existe aujourd’hui de nombreux équipements ergonomiques conçus pour aider à adopter la bonne position, que ce soit en alternant assis-debout ou en soutenant le corps. Voici les principaux éléments à considérer :

    Le bureau assis debout (réglable en hauteur)

    Le bureau réglable en hauteur - aussi appelé bureau assis debout - est sans doute l’outil central pour travailler debout correctement. Ce type de bureau électrique ajustable permet de passer facilement de la position assise à la position debout, en adaptant la hauteur du plan de travail à votre morphologie. Un bureau à hauteur variable bien réglé vous permettra de garder vos avant-bras à 90° sur la table, que vous soyez assis sur votre chaise ou debout devant le bureau. D’après l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), la mise à disposition de bureaux à hauteur variable encourage l’alternance des postures et diminue les effets néfastes des positions statiques. Pour un passage facile d’une posture à l’autre, l’INRS recommande un réglage électrique du bureau, plus pratique qu’un réglage manuel. Ainsi, en quelques secondes, on peut lever ou baisser le plateau et continuer à travailler sans interrompre son flux.

    Quelle hauteur de bureau choisir ? En général, la hauteur de bureau standard est aux alentours de 73 à 75 cm (pour un bureau classique fixe). Cette hauteur convient à la plupart des personnes mesurant entre 1,60 m et 1,75 m. Mais si vous êtes plus grand, disons 1,80 m ou au-delà, un bureau standard risque d’être un peu bas, vous obligeant à vous pencher. Pour les personnes de grande taille, on recommande souvent des bureaux d’environ 75 à 80 cm de haut, voire plus selon les besoins. Par exemple, pour un utilisateur de 1,85 m, une hauteur autour de 78 cm peut être appropriée. Les bureaux pour personnes de grande taille existent (certaines marques en proposent allant jusqu’à 80+ cm), mais le plus simple est d’opter pour un bureau ajustable qui couvrira une large plage de hauteur. Un bureau assis-debout motorisé couvre généralement de ~65 cm jusqu’à ~125 cm de hauteur, rendant possible le travail assis (même pour une personne petite) comme debout (même pour une personne de 2 m). Cette flexibilité le rend aussi idéal pour un poste partagé par plusieurs utilisateurs de tailles différentes.

    Dimensions et configuration : pensez également à l’espace disponible sur le bureau. Pour bien travailler debout, surtout si vous utilisez un ordinateur, il faut que la profondeur du plan de travail soit suffisante. L’INRS recommande une profondeur minimale de 80 cm pour un poste informatique. Cela permet de positionner l’écran à environ une longueur de bras (50–70 cm) en face de vous, distance recommandée pour éviter de trop solliciter vos yeux et d’incliner la tête. Un bureau profondeur 70 cm peut convenir pour un laptop ou un seul écran, mais avec deux écrans il sera vite limité. D’ailleurs, 80 cm de profondeur est devenu la profondeur standard pour les bureaux professionnels, et même 110 cm si vous avez plus de deux écrans ou du matériel volumineux. En largeur, comptez au minimum 120 cm, voire 160–180 cm si vous avez plusieurs moniteurs. Un bureau double écran devrait idéalement faire 160 cm de large pour placer les deux moniteurs côte à côte et encore avoir de la place pour le clavier/souris et autres accessoires.

    L’écran ou les écrans d’ordinateur

    Si vous travaillez sur écran en position debout (ou assise), l’emplacement et le réglage de vos écrans influencent fortement votre posture. En effet, un écran mal positionné peut vous faire pencher la tête, hausser les épaules ou tordre le cou, ruinant ainsi vos efforts de posture. Voici quelques règles d’ergonomie à respecter :

      • Hauteur de l’écran : Le haut de l’écran doit se situer à hauteur des yeux ou légèrement en dessous. Ainsi, votre tête reste droite ou très légèrement inclinée vers le bas, ce qui épargne vos cervicales. Si l’écran est trop haut, vous devrez lever le menton (tensions dans la nuque) ; s’il est trop bas, vous allez vous affaisser vers l’avant. La plupart des écrans sont réglables en hauteur ou inclinables. Sinon, pensez aux bras articulés ou aux rehausseurs d’écran pour ajuster la hauteur à votre convenance.
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      • Distance : Placez l’écran à environ 50 à 70 cm de vos yeux (environ la longueur d’un bras). À cette distance, vous n’aurez pas à forcer pour lire et vous n’aurez pas tendance à avancer la tête. Adaptez selon la taille et la résolution de votre écran bien sûr (un grand écran 27" peut être un peu plus loin qu’un 19").
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      • Position pour deux écrans : De plus en plus de personnes ont un setup avec deux écrans (bureau en télétravail 2 écrans, etc.). Si c’est votre cas, organisez vos écrans correctement. Si vous avez un écran principal sur lequel vous passez 70 % de votre temps et un second écran moins utilisé, l’INRS conseille de placer l’écran principal face à vous et le second juste à côté, de biais. Si vous utilisez les deux écrans de façon égale, positionnez-les côte à côte, légèrement en arc de cercle, devant vous de sorte que vous n’ayez qu’une rotation modérée du cou pour passer de l’un à l’autre. Les deux écrans doivent être à la même hauteur et à la même distance de vos yeux pour éviter des ajustements posturaux asymétriques. Un support double-écran peut être pratique pour les aligner parfaitement. Enfin, si vous utilisez un ordinateur portable en second écran, veillez à le surélever (avec un support d’ordinateur par exemple) pour aligner son écran à la hauteur de l’autre moniteur, et utilisez un clavier/souris externes. Travailler sur deux écrans exige aussi un bureau assez large et profond : comme mentionné, ~160 cm de largeur et 80 cm de profondeur minimum sont préférables.

    En respectant ces principes, vous éviterez les douleurs cervicales et les tensions dans les épaules liées à une mauvaise configuration de l’écran. Une bonne posture debout va de pair avec un poste de travail bien ajusté.

    La chaise ergonomique et les sièges dynamiques

    Même si l’on parle ici de se tenir debout, l’objectif n’est pas d’éliminer complètement la position assise, mais de la alterner intelligemment avec la station debout. Quand vous vous asseyez, faites-le avec un fauteuil de bureau ergonomique de qualité. Un siège ergonomique bien conçu offre un bon soutien de la courbure naturelle du dos, en particulier au niveau lombaire, ce qui aide à prévenir le "mal de dos assis". Assurez-vous que le dossier de votre fauteuil est réglable en hauteur et en inclinaison pour bien épouser la forme de votre dos, notamment dans le creux des lombaires. Des accoudoirs réglables aident aussi à reposer les bras sans hausser les épaules. Une bonne chaise de bureau contre le mal de dos doit également permettre d’avoir les pieds à plat (hauteur d’assise réglable, repose-pieds si besoin) et soutenir la tête si vous passez du temps adossé (appui-tête recommandé en cas de douleurs cervicales ou d’usage de multiples écrans).

    Cependant, même le meilleur fauteuil ergonomique ne doit pas vous inciter à rester immobile des heures durant. C’est là qu’interviennent les sièges dynamiques. On entend par là tout ce qui permet de bouger en étant assis : ballon de bureau, tabouret instable ou oscillant, coussin d’équilibre, etc. Ces équipements connaissent un engouement autant chez les particuliers qu’en entreprise, car ils apportent du mouvement et du muscle en plus, même assis. L’INRS cite par exemple les sièges sur ballon type Swiss Ball, les tabourets dynamiques, les mini-vélos de bureau ou les tapis de marche, comme alternatives pour créer des postes de travail plus actifs. Ils ne remplacent pas complètement un fauteuil classique pour de longues sessions, mais ils permettent d’alterner les postures et de rester actif même en position assise.

    Un tabouret oscillant (aussi appelé tabouret à base semi-sphérique, ou tabouret "assis-debout" pour certains modèles réglables en hauteur) est particulièrement intéressant. Assis dessus, vous êtes en léger déséquilibre permanent, ce qui vous oblige à mobiliser en continu vos muscles posturaux pour vous rééquilibrer. Selon le fabricant d’un tel produit Wigli, "en oscillant, vous gardez votre dos souple et prévenez les problèmes de dos". En effet, le dos n’est jamais figé, les micro-mouvements nourrissent les disques et entretiennent la musculature, ce qui peut éviter bien des raideurs. De plus, se balancer sur un tabouret instable rend la position assise plus ludique et moins monotone. Des entreprises ont constaté que ce type d’assise dynamique permet de bouger tout en restant assis, ce qui favorise la concentration, stimule le tonus postural et aide à mieux canaliser son énergie. C’est particulièrement utile pour les personnes qui ont tendance à l’agitation ou à l’inattention en position assise statique. D’ailleurs, de nombreuses écoles et parents utilisent désormais des tabourets "culbuto" pour enfants hyperactifs ou des chaises de bureau pour TDAH afin d’aider les élèves à rester concentrés en classe. Le léger mouvement de balancier offre une décharge motrice aux enfants (ou adultes) qui ont besoin de bouger, sans quitter leur poste de travail. Résultat : on canalise l’hyperactivité tout en renforçant le dos. Bien entendu, tout le monde peut profiter de ces bénéfices, pas seulement les personnes hyperactives. Si vous travaillez de chez vous, alterner entre votre fauteuil et un tabouret ergonomique oscillant peut vraiment faire la différence sur votre forme en fin de journée.

    En somme, n’hésitez pas à varier les accessoires d’assise : un temps sur votre fauteuil ergonomique bien réglé (par exemple pour une tâche demandant beaucoup de concentration), puis 20 minutes sur un coussin d’équilibre ou un ballon (pour muscler votre dos en douceur pendant que vous lisez vos e-mails), puis debout au bureau assis-debout pour les réunions en visio, etc. Cette diversité de postures est ce qu’il y a de mieux pour votre corps. Comme le souligne l’INRS, le mobilier et le matériel de bureau devraient encourager l’utilisateur à changer régulièrement de posture : par exemple un bureau assis/debout réglable pour passer de la chaise à la station debout, ou un siège ballon pour rendre l’assise moins statique. L’essentiel est d’écouter votre corps : dès que vous sentez des raideurs ou qu’une posture devient inconfortable, changez-en !

    Conclusion : adopter une approche globale

    Pour se tenir debout correctement, il faut combiner une bonne posture statique (alignement du corps, position neutre et équilibrée) avec une dynamique régulière (mouvements, changements de position) et un environnement adapté (équipements ergonomiques). L’angle médical nous rappelle l’importance d’épargner notre colonne vertébrale des mauvaises postures prolongées, afin de prévenir les douleurs chroniques, les lombalgies et autres troubles musculo-squelettiques. L’angle sportif nous enseigne que la posture, ça se travaille : en renforçant nos muscles et en améliorant notre souplesse et notre équilibre, nous pouvons considérablement améliorer notre maintien au quotidien.

    Quelques derniers conseils pratiques à retenir : continuez à bouger autant que possible, même au travail (levez-vous pour marcher dès que vous le pouvez, faites des étirements, alternez assis et debout). Si votre métier est très sédentaire (métier assis au bureau, chauffeur, etc.), ces pauses actives sont d’autant plus cruciales. Investissez dans du matériel ergonomique (une bonne chaise, un bureau réglable, un écran ajustable, éventuellement un tapis anti-fatigue) - c’est un investissement sur votre santé et votre efficacité. Apprenez à écouter les signaux de votre corps : une petite douleur dans le bas du dos en fin de journée est un signal qu’il faut revoir quelque chose (votre posture, la hauteur de votre bureau, la fermeté de votre soutien lombaire, etc.). N’hésitez pas à consulter un kiné ou un ergonome si vous avez des problèmes persistants, ils pourront analyser votre posture et vous corriger.

    En suivant ces recommandations médicales et sportives, vous mettrez toutes les chances de votre côté pour adopter une bonne posture debout et la conserver sans effort. Vous gagnerez en confort, en confiance (une posture droite améliore aussi l’estime de soi !), et vous protégerez votre dos sur le long terme. Alors, prêts à vous tenir debout correctement ? À vous de jouer - et n’oubliez pas que l’important est de rester actif et à l’écoute de votre corps, que vous soyez assis ou debout.

    Sources :

    Philippe Zawieja, psychosociologue. Santé Magazine. "Travailler debout, est-ce vraiment mieux ?"

    Francisco Lopez-Jimenez, Prof. à la Mayo Clinic - étude Eur. J. Preventive Cardiology (2018)

    Praveen Mummaneni (chirurgien du rachis) et Laura Deon (médecine physique). National Geographic

    Institut National de Recherche et de Sécurité. Dossier ergonomie au poste informatique

    Assurance Maladie (ameli.fr). Chiffres lombalgie (2025)

    Denis Fortier (physiothérapeute). Blog dos (2023), pression discale assis vs debout

    France Mutuelle. "Bienfaits du yoga sur la posture"

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