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Quelles sont les normes pour un bureau en entreprise ?
Dimensions, ergonomie, bureau réglable en hauteur, siège ergonomique, télétravail et métiers sédentaires : un guide complet à destination des RH pour aménager des postes conformes et durables en 2026.
Sommaire
Pourquoi les normes de bureau sont devenues un sujet stratégique pour les RH ?
Dans les métiers sédentaires, la question du bureau ne relève plus du simple mobilier. Elle touche directement à la santé des collaborateurs, à la prévention des troubles musculo-squelettiques, à la conformité réglementaire et à la responsabilité de l’employeur. Douleurs lombaires assis, pression lombaire en position assise, douleur de dos en position assise ou inconfort lié à un emploi assis prolongé sont aujourd’hui des sujets documentés, mesurés et suivis par les services RH.
En parallèle, la généralisation du télétravail et des organisations hybrides oblige les entreprises à repenser leurs standards. La notion de norme de bureau s’étend désormais au bureau télétravail 2 écrans, au bureau réglable en hauteur, au fauteuil de bureau ergonomique pour le mal de dos, mais aussi à l’ergonomie du travail debout.
Cet article a pour objectif de poser un cadre clair : quelles sont les normes existantes pour un bureau en entreprise, ce que dit réellement la réglementation, et ce qui relève ensuite du bon sens en matière de design et d’aménagement d’espace de travail.
Les normes officielles applicables au bureau en entreprise
Normes générales d’ergonomie du poste de travail
En France, le cadre réglementaire repose principalement sur le Code du travail et sur des normes européennes, sans imposer un modèle unique de bureau. L’obligation de l’employeur est une obligation de résultat en matière de santé et de sécurité.
Les textes de référence insistent sur plusieurs points :
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- Adapter le poste de travail à l’homme,
- Limiter les postures statiques prolongées,
- Réduire les contraintes physiques inutiles,
- Prévenir les douleurs lombaires liées à la position assise.
Ces principes concernent aussi bien le bureau fixe que le bureau réglable en hauteur ou le bureau électrique.
Hauteur bureau standard : ce que disent les normes
La hauteur bureau standard historiquement retenue se situe autour de 72 à 75 cm pour un bureau fixe. Cette dimension correspond à une moyenne statistique, mais elle est aujourd’hui largement remise en question.
Les normes ergonomiques rappellent que cette hauteur standard n’est adaptée ni aux personnes de grande taille, ni aux morphologies plus petites. C’est précisément pour cette raison que le bureau réglable hauteur et le bureau réglable en hauteur sont devenus la référence en entreprise.
Un bureau électrique permet d’adapter la hauteur du plan de travail à chaque utilisateur, en position assise comme en posture debout, ce qui répond directement aux recommandations de prévention du mal de dos.
Dimensions bureau standard : largeur et profondeur
Les normes ne fixent pas une taille unique, mais donnent des repères précis.
Concernant la profondeur standard de bureau :
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- La profondeur minimum de bureau recommandée est de 60 cm,
- Un bureau profondeur 70 cm constitue aujourd’hui un minimum confortable,
- Un bureau 80 cm de profondeur est recommandé pour les postes à écrans multiples.
Ces dimensions permettent de respecter la distance œil-écran, essentielle pour limiter les tensions cervicales et les douleurs de dos en position assise.
Pour les métiers sédentaires travaillant sur plusieurs écrans, la profondeur standard de bureau devient un critère clé, notamment pour l’ergonomie travail sur 2 écrans.
Bureau double écran et ergonomie visuelle
Le bureau double écran impose des contraintes spécifiques. Les normes ergonomiques recommandent :
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- Un alignement horizontal des écrans,
- Une distance minimale d’environ 50 à 70 cm entre les yeux et l’écran,
- Un positionnement à hauteur des yeux pour éviter les flexions cervicales.
Dans ce contexte, un support de bureau pour deux écrans devient un équipement quasi indispensable. Il permet d’optimiser la profondeur du bureau, d’améliorer la posture et de limiter les douleurs lombaires assis liées à une mauvaise orientation du buste.
Normes liées à l’assise : siège ergonomique et fauteuil de bureau
Siège ergonomique : critères normatifs
Le siège ergonomique est un élément central du poste de travail. Les recommandations ergonomiques mettent en avant plusieurs réglages indispensables :
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- Réglage de la hauteur d’assise,
- Soutien lombaire réglable,
- Profondeur d’assise adaptée,
- Mobilité du dossier.
Ces critères visent à réduire la pression lombaire en position assise et à limiter l’apparition de douleurs de dos en position assise prolongée.
Fauteuil de bureau ergonomique et mal de dos
Le fauteuil de bureau ergonomique pour le mal de dos doit permettre une variation des postures. Les normes ne recommandent pas une position parfaite figée, mais au contraire une alternance des micro-mouvements.
C’est un point essentiel pour les RH : un fauteuil, même très performant, ne compense pas un poste de travail mal dimensionné ou un emploi assis sans interruption.
Cas particuliers : chaise pour hyperactif et TDAH
Certaines entreprises intègrent désormais des solutions spécifiques, comme la chaise pour hyperactif, la chaise de bureau TDAH ou le fauteuil TDAH. Ces équipements favorisent le mouvement, l’engagement corporel et la concentration, notamment dans les environnements ouverts.
Même si ces solutions ne relèvent pas de normes obligatoires, elles s’inscrivent dans une logique d’adaptation individuelle du poste de travail, encouragée par les recommandations ergonomiques.
Ergonomie du travail debout : normes et recommandations
Bureau réglable en hauteur et posture debout
Le développement du bureau réglable en hauteur s’appuie sur des études montrant les bénéfices de l’alternance assis-debout. L’ergonomie du travail debout vise à limiter le mal de dos debout et le mal de dos debout et en marchant.
Les recommandations insistent sur :
-
- Une hauteur de bureau adaptée à la taille de l’utilisateur,
- Un écran positionné à hauteur des yeux,
- Un appui stable des pieds.
Travailler debout : bénéfices et limites
Travailler debout présente des bienfaits documentés, notamment sur la circulation sanguine et la réduction de la sédentarité. Toutefois, rester debout toute la journée ne fait pas maigrir et peut générer des douleurs si la posture debout n’est pas maîtrisée.
Les normes de bon sens recommandent une alternance régulière des positions, plutôt qu’un basculement radical vers le tout-debout.
Tabouret instable et solutions dynamiques
Le tabouret instable, le tabouret oscillant adulte ou même le tabouret culbuto enfant sont parfois utilisés dans des contextes spécifiques. Ils favorisent une posture active et réduisent la rigidité posturale.
Pour les RH, ces équipements doivent être intégrés dans une réflexion globale d’aménagement, et non comme une solution isolée.
Bureaux pour personnes de grande taille : un enjeu souvent négligé
Les bureaux pour personnes de grande taille nécessitent des amplitudes de réglage plus importantes, tant en hauteur qu’en profondeur. Un bureau électrique avec une plage de réglage étendue permet d’éviter les postures contraignantes et les douleurs lombaires.
C’est un point clé dans une politique d’ergonomie inclusive, encore trop peu prise en compte dans les normes standards.
Télétravail : continuité des normes en dehors des locaux
Les obligations de l’employeur ne s’arrêtent pas aux murs de l’entreprise. En télétravail, les principes ergonomiques restent les mêmes.
Un bureau télétravail 2 écrans doit respecter :
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- Les dimensions de bureau standard,
- Une profondeur minimum de bureau suffisante,
- Un siège ergonomique adapté.
Les RH ont tout intérêt à fournir des recommandations claires, voire des équipements, afin de limiter les risques liés aux douleurs lombaires assis en télétravail.
Au-delà des normes : le bon sens en aménagement d’espace de travail
Norme vs usage réel
Les normes fixent un cadre minimal. Le bon sens consiste à observer les usages réels, les métiers, les contraintes spécifiques. Un métier sédentaire sur écran ne se traite pas comme un poste créatif ou collaboratif.
L’aménagement doit intégrer :
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- La circulation dans l’espace,
- La lumière naturelle,
- L’acoustique,
- La modularité des postes.
Bureau, siège et mouvement : un triptyque indissociable
Aucun bureau, même conforme aux normes, ne peut compenser l’absence de mouvement. L’enjeu pour les RH n’est pas seulement de cocher des cases réglementaires, mais de créer des environnements favorables à la mobilité douce et à l’adaptation individuelle.
Sources
Code du travail, Article R4542-1 et suivants